Les pompiers du SDIS 66 vont bénéficier d'une enveloppe budgétaire supplémentaire de 6 millions d’euros, puis voir 30 recrutements se faire en 2020.


La présidente du département des Pyrénées-Orientales et du SDIS 66, Hermeline Malherbe, vient d’annoncer ce mercredi 27 novembre des mesures d’urgence prises en faveur des pompiers du SDIS 66.

Pour rappel, dans le département règne un climat de tension avec différentes actions de grèves et de mobilisations organisées par les soldats du feu. Ces derniers dénoncent des conditions de travail amoindries et un manque d’effectif pour assurer des interventions de plus en plus nombreuses. Comme réponse, Hermeline Malherbe annonce une enveloppe budgétaire supplémentaire de 6 millions d’euros, puis 30 recrutements en 2020.

Hermeline Malherbe

​​


Des interventions non urgentes facturées à l'État

La Présidente du conseil départemental souhaite également facturer à l'État les interventions non urgentes (dîtes de levée de doute, ou les transferts inter-hospitaliers). Ces dernières sont commandées par le SAMU mais bel et bien effectuées par les pompiers. En une année, les sapeurs-pompiers des Pyrénées-Orientales doivent effectuer pas moins de 10 000 interventions de ce type. Selon Hermeline Malherbe, c'est le ministère de la santé qui devrait prendre en charge les frais, mais pas les collectivités. 

​"Il faut que chacun prenne ses responsabilités... il faut que le gouvernement entende que cela suffit, on ne peut plus payer à la place des autres"

Hermeline Malherbe


L'élue a d'ailleurs dévoilé le tarif de ces factures, soit 500 euros pour des interventions non urgentes en journée, 800 euros pour des interventions de nuit ou en week-end,  puis 1 000 euros pour des transferts inter-hospitaliers. 

Réaction nuancée du côté des pompiers

Toutes ces mesures ont été accueillies en demi-teinte par les pompiers du département qui se mobilisaient au siège du SDIS 66 à Perpignan, au moment même de l’annonce. Vincent Poch est pompier et membre du comité exécutif CGT du SDIS 66, il se dit satisfait des efforts réalisés par le conseil départemental, même s'il espère encore mieux pour pallier au manque d'effectif de sa profession.

"On connaît vraiment les difficultés qu'ont les collectivités territoriales pour avoir de l'argent. Maintenant, on s'est réuni autour de la table, on a fait des propositions pour avoir de réelles avancées. Des propositions pour dire "regardez, il y a de l'argent. Au lieu de le mettre à tel endroit, il serait plus judicieux de le mettre dans du recrutement.""

Vincent Poch