Les spécialistes l'espèrent moins violent que dans l'est de la France.

 

Le pic épidémique interviendra courant avril sur le bassin toulousain nous ont affirmé les spécialistes du CHU de Toulouse, ce vendredi.

L'établissement est en première ligne face à l’épidémie de Coronavirus. Lors d'une téléconférence de presse la direction de l'hôpital a précisé les moyens engagés : actuellement le CHU "qui a bénéficié de l'expérience des établissements des régions durement touchées" prend en charge 60 à 90 patients par jour, pour des symptômes respiratoires plus ou moins graves ; "soit deux à trois fois plus que d'habitude" confirme Vincent Bounes le directeur du SAMU 31.

 

Moyens mis en oeuvre pour le pic attendu

Une mobilisation à tous les étages "soignants, administratifs et techniques". A ce jour "8 personnes sont en réanimation, 5 en soins intensifs et 17 hospitalisés au CHU, tous âgés de 41 à 80 ans" ont indiqué les responsables du CHU de Toulouse, le directeur ajoutant "il y a 400 lits dédiés au COVID à Purpan ou Rangueil, la capacité pourra monter jusqu’à 740 lits".

Le CHU de Toulouse est le site référent dans l’ex Midi-Pyrénées. Il a organisé une montée en charge grâce aussi au lien étroit avec la médecine de ville car le CHU ne reçoit que les cas graves. Les lits disponibles et les respirateurs apparaissent comme les enjeux essentiels pour les hôpitaux dans la gestion de cette crise exceptionnelle, "on pourra dépasser rapidement 300 à 350 respirateurs, et nous pourrons accueillir plus de 300 patients en réanimation" confirme le patron de l'hôpital.

Le SAMU 31 a été renforcé, avec notamment des salles entières dédiées aux appels liés au COVID. Des chambres ont été libérées (sauf pour traiter les autres pathologies graves : AVC, cardiaques et polytraumatisés), les professionnels formés.

 

A quoi faut-il s'attendre ?

Le CHU de Toulouse a enregistré son premier décès du COVID mercredi - une femme de 84 ans à la santé fragile. Béatrice Riu, chef du service réanimation au CHU de Toulouse explique "on a une évolution en deux temps, un jour de début des symptômes avec de la fièvre, et une détresse respiratoire qui n'intervient qu'après 6 ou 7 jours". A ce jour dans la région, 15% des prélèvements sur les patients soupçonnés d'être porteurs du COVID sont positifs.

Le professeur Pierre Delobel, chef du service des maladies infectieuses observe dans la région toulousaine "une accélération nette dans les dernières 24 heures ". Il estime que le pic épidémique interviendra "courant avril" même si ce spécialiste espère un "écrêtement par rapport à l'est de la France qui a démarré plus tôt". "Les mesures de confinement mises en place par le gouvernement vont mettre 2 à 3 semaines avant de faire baisser la courbe" il faut donc s'attendre à 2 à 3 semaines d'augmentation de cas graves et de hausse des hospitalisations.

Pierre Delobel explique qu'hormis "les ventilations" les traitements utilisés en réanimation sont "le remdésivir, l'hydroxychloroquine ou le lopinavir" instaurés "pendant 10 à 14 jours" ; le chef du service des maladies infectieuses admettant "une difficulté d'approvisionnement vu la tension au niveau mondial". Il reconnaît des formes non graves existantes au sein de la population. Sur la stratégie immunitaire il explique "si on laissait faire les choses, il faudrait que 70% de la population croisent le virus pour que nous développions une immunité, ça fonctionnerait si la maladie n'était pas grave. En l'occurrence sans une intervention de santé publique : ça aboutirait à des centaines de milliers de morts." Fermez le ban.

 


Voir aussi