Quelles mesures pour lutter contre le Coronavirus à Toulouse et en Occitanie ?

Il ne cesse de gagner du terrain. Le Coronavirus, qui a déjà causé la mort de plus de 2600 chinois, progresse rapidement sur le territoire européen. Dernier foyer en date, le nord de l’Italie, où plus de 200 cas ont été répertoriés, ainsi que 7 décès.

 

Cette situation inquiète. Lundi après-midi, l’Agence Régionale de la Santé dévoilait les mesures mises en place à Toulouse et en Occitanie pour lutter contre ce fléau. Répondant aux instructions du Ministère de la Santé, elles n’incluent aucune grande stratégie de confinement, ni même de contrôles aux aéroports.

 

Aucun contrôle à l’aéroport de Toulouse

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Les voyageurs de retour d’Italie sont-ils, oui ou non, contrôlés lorsqu’ils atterrissent à l’aéroport de Toulouse-Blagnac ? “Non, il n’y a pas de prise de température systématique”. Une réponse étonnante de l’ARS, au vue du nombre important d’individus transitant chaque jour d’un côté à l’autre de la frontière franco-italienne.

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Médecin responsable de la cellule de veille du virus à l’ARS Occitanie, Christophe Garro a expliqué cette décision au micro de 100% : “D’une part, c’est physiquement impossible de contrôler tout le monde. Contrairement à la Chine, où il n’y avait que des vols en avion, pour l’Italie, des gens arrivent en train, en voiture, en bus, en bateau…D’autre part, ce n’est pas une stratégie qui a été estimée comme très efficace, puisque vous pouvez porter le virus mais ne pas avoir de température au moment de passer la frontière”.

 

A leur arrivée sur le territoire français, les personnes revenant d’une zone d’exposition sont simplement informées. Les symptômes respiratoires, auxquels elles doivent prêter attention et pour lesquels elles doivent solliciter le SAMU, leur sont précisément décrits. 

 

Une stratégie de détection précoce

 

Sans contrôle aux frontières, comment éviter que le virus ne gagne l’Occitanie et la Ville rose ? L’ARS Occitanie mise sur une politique de limitation et de détection précoce des cas. Le Dr Christophe Garro a détaillé cette méthode au micro de 100% : “Le médecin de la régulation du SAMU, contacté par la personne qui suspecte avoir la maladie, va déterminer si le cas est classé comme “possible”. Et à partir de là, la stratégie est de l’isoler dans l’un des trois CHU de la région le temps de réaliser l’examen”.

 

L’examen en question doit permettre de confirmer ou d’infirmer la présence du coronavirus et peut durer jusqu’à 24 heures. “Si le patient se révèle positif, poursuit Christophe Garro, il y a une enquête sur les contacts qu’il a pu avoir. Et à ce moment-là, on demandera à ces gens de rester isolés chez eux, sauf si une maladie se développe et qu’il faille les hospitaliser”. Pour l’heure, seuls trois hôpitaux peuvent accueillir les malades en Occitanie. Celui de Toulouse, Montpellier et Nîmes. Dix autres sont sur le point de s’équiper du dispositif nécessaire.

 

Emmanuel Clévenot

L'inquiétude à l'aéroport de Toulouse.

 

"Ça protège les gens mais des fois ça gêne". C'est avec son masque que le petit Jean-Baptiste rentre de voyage du Cambodge. Sa famille a reçu des consignes du Samu dès son retour en France. Des mesures peu comprises par les parents... Bertrand, le papa, voudrait des consignes plus claires : "Il faudrait peut-être que l'ARS fasse des signalisations pour expliquer clairement " pour sa compagne "Il y a une confusion entre l'Asie et la Chine".

À l’aéroport, plusieurs passagers craignent l’épidémie. Sandy a peur. La passagère aimerait voir tous les vols à risques annulés. Pour le personnel de l’aéroport, même inquiétude. "Il y a encore des personnes qui arrivent du Japon, de la Chine, qui pourraient être porteurs du virus et qu'on laisse entrer quand même", affirme un bagagiste. A contrario, Frédéric se félicite de ne pas avoir à subir les contrôles.

En cas de contamination, l’aéroport prévoit tout de même un dispositif spécial.

 

REPORTAGE de Lauriane Pelao.