Nombreux sont les entrepreneurs qui tremblent à l’idée de recenser un cluster dans leurs rangs.

 

Les grandes métropoles sont dans le collimateur des autorités. Un nouveau conseil de défense décide ce vendredi de nouvelles restrictions pour lutter contre l’épidémie du nouveau Coronavirus. La Haute-Garonne en zone rouge peut craindre des mesures drastiques. Gouvernement, conseil scientifique le clament : nous ne sommes pas encore sortis de la crise !

Les chefs d'entreprises sont aussi inquiets. D'une part parce que de plus en plus parents doivent garder les centaines d’enfants placés en quatorzaine par les Directions académiques et les ARS (Agence régionale de santé). Pire, nombreux sont les entrepreneurs de TPE et PME qui tremblent à l’idée de recenser un cluster dans leurs rangs.

On a voulu savoir comment se passait le contact tracing dans les entreprises ? Nathalie Lagrace gère les brigades Covid, chargées de déceler les contaminations à la CPAM (Caisse primaire d'assurance maladie) de Haute-Garonne.

 

Des entreprises sous la menace du cluster

Quand un cas de Covid est repéré dans une entreprise, l’Assurance Maladie appelle tous les cas contacts pour qu'ils s'isolent et se fassent tester. Et surtout elle les questionne : et attention aux réponses ! Si gestes barrières n'ont pas été respectés, le couperet de l'administration peut tomber et ça fait mal : si le télétravail est impossible, la fermeture intervient ; "je peux vous raconter l'anecdote de mercredi : un boulanger a eu un employé positif. Dans la boulangerie, les salariés ne respectaient pas les gestes barrières car ils avaient du mal à travailler avec le masque. Les cinq autres personnes sont des cas contacts : la boulangerie va fermer " raconte Nathalie Lagrace.

 

Des patrons en détresse

De quoi effrayer tous les patrons de TPE et PME qui risquent un arrêt net de leur production s’il est impossible de lister les cas contacts ; "alors, l'Assurance Maladie réalise un signalement l'ARS qui fait l'analyse de risque avec le chef d'entreprise et continue le tracing". S’il y a cluster : existe-t-il alors des arrêts de travail délivrés de manière automatique par les autorités de santé ? "Non" assène Nathalie Lagrace, "le mot automatique n'existe pas, ils sont faits manuellement et étudiés par le service médical de la CPAM."

 

Une à deux entreprises ferment chaque jour en Haute-Garonne à cause d'un cluster, la cellule de Nathalie Lagrasse se fait alors bureau des pleurs " malheureusement nous avons des appels de chefs d'entreprises en détresse, ils veulent savoir comment travailler avec des gens à l'isolement."

Et personne n’y échappe, même la CPAM a récemment détecté un cas au sein même de ses brigades anti-Covid qui montent en charge depuis le 15 août. A date, une cinquantaine de personnes travaillent chaque jour sur le contact tracing de la Haute-Garonne dans les bureaux toulousains. Ils étaient seulement une vingtaine pour gérer toute l’Occitanie au début de l'été...  

 

Photo : Une brigade anti-Covid de Toulouse, basée place Saint-Etienne.

Message de la prefecture du Tarn à l'attention des chefs d'entreprises.

Message de la prefecture du Tarn à l'attention des chefs d'entreprises.