Immersion au sein de cette plateforme chargée de casser les chaînes de contamination

 

Mises en place au moment du déconfinement, ces brigades sanitaires ont été lancées par les Caisses primaires d’assurance maladie (CPAM) pour identifier les cas contact des patients infectés par le Coronavirus. 

Comme l'indique l'Agence régionale de santé (ARS) Occitanie "les médecins généralistes sont les premiers maillons de cette recherche de cas potentiels. Les équipes de l'Assurance maladie prennent le relais via des plateformes d'appel déployées dans chaque département pour compléter l'identification de cas contact."

 

Une brigade de 108 agents

En Haute Garonne, 108 agents ont été formés pour empêcher une reprise de l'épidémie. Ils sont infirmières, cadres, médecins ou simples agents. Mercredi, nous avons rencontré ces "brigadiers" à la lourde responsabilité dans leurs locaux place Saint-Etienne à Toulouse. "En 10 jours, il a fallu installer l’application contact Covid et former les personnels" explique Nathalie Lagrace-Giraud qui pilote cette plateforme baptisée contact tracing "nous sommes partis de zéro et depuis mercredi 13 mai l'outil est opérationnel, nous avons disposé les volontaires dans plusieurs bureaux ".

 

Rigueur et empathie

Les brigades sont constituées de 10 personnes qui contactent quotidiennement les patients positifs "la formation a été un moment crucial. Venus d'horizons différents en interne, tous les agents n'avaient pas l'habitude de contacter des patients malades : il faut une certaine empathie". Et surtout n'oublier aucune information.

Téléphone à portée de main et ordinateur connecté à l'application, Maxime le trentenaire en fait l'expérience "on a un cas déclaré dès qu'un test positif est effectué. On intervient dans un second temps en établissant avec le malade son parcours. Puis on appelle les contacts potentiels : on a une grosse responsabilité..." La plupart du temps les malades sont déjà isolés et ont eu connaissance des gestes barrière, "ils ne sont pas forcément au courant de notre démarche" explique Maxime. "On n'a jamais essuyé de refus" ajoute Nathalie Lagrace-Giraud.

 

300 appels par semaine et 140 cas contact prévenus

Jean-Yves Fatras est le référent médical de la plateforme haut-garonnaise "c'est un rôle d'enquêteur mais nous avons également un rôle de réassurance puisqu'on va redonner des conseils de prévention et d'isolement. On peut donner accès à des masques et des tests : c'est la clé pour casser le dynamique de l'épidémie."

La plateforme toulousaine a géré 300 appels en une semaine, 80 personnes Covid positif avaient été identifiées lors de notre reportage, portant à 140 le nombre de cas contact "on y verra plus clair quand on aura passé la quatorzaine" assure Jean-Yves Fatras qui dit redouter une montée en charge. Et si tous box n’étaient pas occupés par ces équipes pluridisciplinaires de la CPAM mercredi, c’est que le virus circule peu chez nous.

Les brigades Covid sont dès lors dimensionnées pour éviter toute recrudescence du virus.   

 

NOTRE REPORTAGE.