L’opération "Caddies solidaires" prend désormais place presque tous les samedis devant l’Université de Perpignan. Cela vient d’une simple initiative personnelle.


C’est la belle action de ce début d’année à Perpignan. Plusieurs Perpignanais ont lancé l'opération "Caddies solidaires". L’objectif est simple : remplir des caddies de produits alimentaires et d’hygiène, pour les offrir aux étudiants, en grande difficulté tant économique que psychologique, notamment en cette période de crise. L’opération se tient le samedi au Leader Price devant l’UPVD.

Une initiative personnelle

À l’origine de cette très belle idée, Nour Loisel (son surnom sur Facebook), perpignanaise, gilet jaune, et maman. Alertée par la situation de nombreux étudiants de l’Université de Perpignan, elle a décidé de leur venir en aide. Il y a deux semaines, aidée par Métisse DesIles (également son surnom sur Facebook) et Philippe Pinot de la société « Demeures du Roussillon », elle a offert avec son propre argent un énorme caddie de denrées à cinq étudiants.

"J’ai rencontré en faisant mes courses un étudiant à la porte d’un supermarché qui demandait des produits pour se laver.  Cela m’a trotté dans la tête. J’ai donc économisé et j’ai lancé l’opération la veille sur Facebook, et le lendemain je l’ai faite", explique Nour Loisel, qui à la suite de ça, a reçu plusieurs autres sollicitations d’étudiants en détresse. "J’ai eu des témoignages d’étudiants qui sont au bord du suicide, au bord de la dépression", nous confie-t-elle.
 

Nour Loise, organisatrice


Aucune association ne porte l’opération "Caddie solidaires". Cependant, Nour Loisel et son ami Métisse DesIles se revendiquent fièrement gilets jaunes. À travers cette action, elles souhaitent également donner une belle image du mouvement. Mais "cela reste avant tout pour les jeunes", nous disent les deux amies. De son côté, Métisse DesIles est aussi choquée par leur situation. "Quand on voit les queues qu’il y a au Secours Populaire… comment notre gouvernement peut laisser des files d’attente encore plus longues qu’à la CAF pour que les jeunes puissent manger", s’indigne-t-elle.

Métisse DesIles, organisatrice


Une aide tant économique que psychologique

​Isolés, en difficulté pour les cours, et en détresse financière, de nombreux étudiants sont aujourd’hui au bord du burnout avec la crise sanitaire. Dana est étudiante en troisième année de licence en sciences de l’environnement à l’Université de Perpignan. Comme beaucoup de jeunes, elle doit parfois accumuler petits boulot et études pour tenir son budget tous les mois. Elle a fait partie des premiers bénéficiaires des "Caddies solidaires". "C’est une libération autant psychologique que financière. Cela fait du bien de se dire qu’on n’est pas seul. Ça permet d’être entouré, et d’être bien", nous assure-t-elle.

 

Dana, étudiante


C’est aussi ce que pense Alex, actuellement en deuxième année de géographie. Avec la crise, il a de plus en plus de mal à trouver du travail en plus de sa l’université. En difficulté également, il nous confie "avoir honte de dire avoir besoin d’être aidé". L’initiative de Nour Loisel était donc la bienvenue. "C’est qu’on arrive à une situation où les aides officielles ne suffisent plus. Et donc, plutôt que faire du porte à porte partout, d’aller voir les assistants sociaux, et au final que toutes les personnes avec qui on a une relation quotidienne soient au courant de notre situation… et bien là, il y a juste quelqu’un qui se présente et qui dit : « Bonjour, moi je suis là pour vous aider concrètement et maintenant », et ça fait du bien. Ça permet de se soulager de ce côté un peu honteux."
 

Alex, étudiant


Des caddies solidaires qu’ils espèrent "contagieux"

C’est après avoir lancé cette action que Nour Loisel a appris qu’elle avait déjà pris place dans plusieurs villes. Mais la Perpignanaise ne veut pas en rester là. "Je veux qu’elle soit contagieuse. J’espère que ça va se répandre dans toute la France. Et si on arrive à faire ça partout, on va réduire un maximum la précarité chez les étudiants." Aujourd’hui, l’opération est vouée à continuer presque tous les samedis, avec de plus en plus d’étudiants, que cela soit par le biais de Métisse DesIles et Nour Loisel, ou via d’autres généreux Perpignanais. La prochaine est prévue pour ce samedi 20 février, toujours au Leader Price en face de l’université.

Pour l’instant, la générosité de ces citoyens n’a pas de limite. Comme les étudiants, Nour Loisel enchaîne les petits boulots et les heures supplémentaires pour pouvoir les aider. Elle donne d’ailleurs des cours de danse orientale certains samedis pour récolter des fonds. "Je continuerais jusqu’à la perfusion s’il le faut", nous a-t-elle confirmé, touchée par ces jeunes, frappés par "l’injustice" selon elle.  

 

Nour Loisel, organisatrice


Si vous souhaitez participer aux "Caddies solidaires", contactez directement Nour Loisel ou Métisse DesIles via Facebook. Pour les étudiants dans le besoin, le rendez-vous est donné sur la page "UPVD en lutte".