C’est la belle histoire de l’été dans les Pyrénées-Orientale. Il y a 9 mois, les frères Molcard se sont lancé le défi de parcourir 15 000 km à vélo du Vietnam jusqu’à Perpignan pour planter des arbres fruitiers dans des communautés vulnérables. Pari réussi.


Après avoir traversé 17 pays, parcouru plus de 12 000 kilomètres en vélo, et planté 5400 arbres sur leur chemin, Joseph et Raphaël Molcard étaient de retour en ce mois d’aout pour retrouver leurs proches, les esprits marqués par une expérience hors du commun. 

À 23 et 25 ans, Joseph et Raphaël peuvent déjà raconter de belles histoires. L’idée du périple est venu du cadet, Jospeh, déjà en service civique au Vietnam pour former des minorités à l’hôtellerie et la restauration. 

"Voyager pour voyager on l'a fait un temps, mais on a voulu apporter quelque chose en plus à ce voyage"


Raphaël lui s'est orienté vers la permaculture après ses études. Parti en Colombie, il travaillait déjà sur un modèle de forêt comestible. Forts de leurs expériences, ces deux frères vont alors identifier un parcours d'orphelinats pour y planter 5000 arbres fruitiers. Ils vont alors relier l’Asie à l’Europe, non sans voir certaines images marquantes.

"On a vu des gens se battre pour un dernier sceau d'eau. On était presque au moment de la canicule à 51 degré en Inde."


L'une des étapes les plus compliquées fut l'Inde, où Joseph est tombé malade et a du être hospitalisé. Des moments difficiles parfois mais aussi des belles expériences avec des retours plein de joie. Comme par exemple en Birmanie, où des enfants leur envoie encore aujourd'hui des photos de plantations, fruits de la réussite de leur travail.

"Les enfants nous remerciaient parce qu'ils allaient avoir des fraises pour la première fois de leur vie"


​En plus de leur apport nutritif et écologique, ces forêts comestibles permettront même dans quelques années de générer des ressources financières.  

Mais les frères Molcard ne comptent pas s’arrêter là. Des projets en France sont déjà en préparation. Un premier dans les Pyrénées-Orientales où ils veulent doter toutes les écoles d’une dizaine d’arbres fruitiers. 

"Dans des îlots de chaleur comme Perpignan, comme toutes les villes où il n'y a que du béton, ce sont des espaces hyper importants"


Un autre projet se ferait en banlieue parisienne, à Saint-Denis, où ils travaillent en partenariat avec « Agro Arte », une association colombienne de rappeurs et de graffeurs qui créent des potagers urbains. Le but, les rapprocher de ces jeunes de banlieue.

"Essayer de transcender ça dans des jardins de la mémoire, avec des plantations d'arbres, du graph, du hip-hop, du rap"