Gérald Darmanin veut revoir la répartition territoriale entre police et gendarmerie. Plusieurs communes pourraient voir disparaître les brigades locales.

 

« Résolument et farouchement opposé », ce sont les mots du maire de Balma Vincent Terrail-Novès en réponse au gouvernement. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, souhaite une nouvelle répartition territoriale entre la police et la gendarmerie. Si la gendarmerie opère plutôt en zone rurale et la police dans les villes, aujourd’hui c’est l’extension des agglomérations qui pose problème selon le ministre de l’Intérieur. Toulouse est dans la ligne de mire.

 

Le précédent de l'ouest toulousain ne convainc pas

Seules quatre villes sont sous l'autorité de la police, à savoir Toulouse, Blagnac, Tournefeuille et Colomiers "demandez à ces maires ce qu'ils en pensent ?" pointe VTN. Les autres communes sont de la compétence de la gendarmerie. Les élus concernés ne décolèrent pas. Les maires sont totalement opposés au passage de leur commune en zone police. « Nous n’avons rien contre la police mais nos territoires sont adaptés au travail de la gendarmerie » témoigne Vincent Terrail-Novès.

Le hic pour Vincent Terrail-Novès : que Toulouse ne phagocyte la quasi-totalité des effectifs de police si le commissariat central devenait territorialement compétent sur toute la Métropole. L’idée que la ville centre « aspirerait si besoin les effectifs des villes environnantes » est inconcevable pour l'édile.

« Les Toulousains et les Français ont le droit à la sécurité et c’est d’ailleurs la première des libertés » explique le maire de Balma. Pour autant, elle ne doit pas se faire « au détriment de la sécurité et de la tranquillité des villes périphériques ». Il souligne notamment que la délinquance présente sur son territoire et les communes aux alentours est différente de celle connue sur Toulouse.

 

Les Balmanais saluent l'action des gendarmes

Police ou gendarmerie qui interpelle, peu importe, a priori pour les administrés. La véritable attente du citoyen est plus vraisemblablement dans la réalité de la réponse pénale apportée…  

Les habitants de Balma, interrogés par nos soins, partagent l'avis de leur maire ; « les gendarmeries sont faites pour les villes moyennes comme Balma » explique Serge, habitant victime d'un cambriolage. Marguerite, autre Balmanaise, a connu deux effractions chez elle. Elle s'est réjouie de l’intervention rapide des militaires de la brigade locale « Il faut la laisser notre gendarmerie, elle est très utile ! ». Proximité, prévention, confiance ... selon eux, la présence des gendarmes est primordiale.

La Haute-Garonne compte cinq compagnies de gendarmerie (Toulouse Saint-Michel, Toulouse-Mirail, Saint-Gaudens, Villefranche-de-Lauragais, Muret) mais aussi l'escadron départemental de sécurité routière et la Section de Recherches (compétente en matière criminelle). Off the record, certains gendarmes craignent d’être désormais cantonnés « à la campagne » mais forts de leurs actions de proximité, ils peuvent compter sur les tirs de barrage des élus du grand Toulouse.

Le livre blanc de la sécurité devrait être publié dans les prochains jours.

 

 

Lucie Lescastreyres avec BV.

Crédits photo : Mairie de Balma.