La ville de Castres prend des mesures pour le commerce de centre-ville. Comme de nombreuses villes moyenne, le commerce castrais souffre ces dernières années. Témoins les nombreux locaux vides en plein centre-ville.  

Que peuvent faire les communes pour favoriser l’implantation et le maintien des commerces dans leur centre-ville ?

 

A Castres, la municipalité veut stopper l’hémorragie : depuis début 2018, 53 commerces ont disparu du centre-ville. Parmi eux, 11 se sont simplement déplacés ailleurs, mais plus de 40 ont fermé purement et simplement. Sur la même période, 18 commerces ont été créés dans l’écusson. 53 en moins, 18 en plus, le déficit est marqué, et certaines rues sont particulièrement touchées, comme la rue Gambetta.

Alors la ville agit : des aides financières pour les nouveaux commerces, des efforts sur les tarifs du stationnement, et même la possibilité d’installer une boutique éphémère pour tester un concept. Malgré ces mesures, le maire de Castres Pascal Bugis sait que la pente à remonter est rude : « ces mesures ne sont pas la panacée universelle, les tendance lourde sont extrêmement défavorables au centre-ville et il faut que nous nous attendions à devoir batailler pendant plusieurs années avant de remonter de mauvaises pentes qui ont été prises il y a des dizaines d’années. »

 

Ces tendances sont connues depuis longtemps : les achats se font sur internet, voire en périphérie dans les zones commerciales. Le centre-ville de Castres, comme celui des autres villes moyennes, souffre. Pourtant, des mesures peuvent avoir un impact certain : les aides financières à l’installation par exemple ? La mesure a été votée en conseil municipal il y a peu à Castres. A Mazamet, ville de taille plus modeste, cela existe depuis un an et demi. Une quinzaine de dossiers de commerçants ont été déposés pour bénéficier de ces aides. C’est le cas de l’établissement Le Cep’t secret, en plein centre. Pour sa patronne, Pauline Mruk, c’est un vrai coup de pouce : « ça divise mon loyer en deux, ça me permet de faire face à d’autres dépenses, et de me constituer une petite trésorerie. C’est un vrai plus ! »

Suffisant pour relancer la dynamique castraise ? « Il n’y a pas une solution » soupire le maire. Pourtant, la ville a depuis plusieurs années pris un certain nombre de choses en main : la rue Gambetta, entièrement refaite à neuf, et l’arrivée du Carré Gambetta, un espace commercial qui devait être un moteur. C’est pour le moment un demi-échec. « L’arrivée de la maison de santé au Carré Gambetta peut-être un espoir, car cela amènera les gens en centre-ville » estime Emmanuel Fillonneau, du service Information Economique de la Chambre de Commerce. Mais pour lui, l’une des problématiques est l’absence de population en capacité de consommer : « il y a de moins en moins d’habitants en plein centre, et la population qui reste est souvent modeste. Les populations plus aisées ont tendance à s’installer en périphérie. » Et donc plus près des zones commerciales…Il juge aussi que les propriétaires des locaux commerciaux du centre-ville sont trop souvent « déconnectés. Ils louent beaucoup trop cher ! »

 

Il faudra plusieurs années avant de constater si les mesures prises chez nous parviennent à inverser la tendance.


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