L'ambiance est restée pesante tout au long de ce procès d'assises.

C'est en effet une affaire délicate qui a été jugée à Albi, celle d'une femme de 34 ans poursuivie pour avoir laissé mourir, en septembre 2016 à Gaillac, le bébé auquel elle venait de donner la vie.

Elle avait accouché seule

L'accusée, jugée pour privation de soins ou d’aliments suivie de mort d’un mineur de 15 ans, avait accouché seule dans sa salle de bain, avant d'envelopper le nourrisson, une petite fille, dans une serviette et de le cacher dans un meuble sous le lavabo.

C'est son compagnon de l'époque qui avait fait la macabre découverte et prévenu les gendarmes. L'homme n'était pas au courant qu'elle était enceinte, il n'était pas non plus le père de l'enfant. L'accusée avait dissimulé sa grossesse à son entourage et sans doute à elle-même.

Lors de l'enquête, les experts ont conclu que l'accouchement avait été normal, que l'enfant était vivant à sa naissance, et que le décès serait en lien à "une hypothermie et à la privation de soins et d’alimentation".

Au deuxième jour du procès, ce Mardi, la personalité de l'accusée a été passée au crible, elle a parlé  de son mal être à l’époque des faits, mais a affirmé ne pas se souvenir de cet accouchement ni d'avoir dissimulé le bébé.

Un déni partiel de grossesse

A la barre, les experts psychiatriques et psychologiques ont conclu à un déni partiel de grossesse et une altération du discernement accompagné d'une "déréalisation", c’est-à-dire qu'au moment de l’accouchement, l'accusée a agi sans avoir pleinement conscience de ses actes, de manière mécanique.

Ce Mercredi matin, l'avocat général avait requis 5 ans de prison dont 4 avec sursis à l'encontre de la trentenaire. Les jurés ont donc suivi ses réquisitions après 2h30 de délibéré.

La jeune femme ne retournera pas en prison puisqu'elle a déjà purgé un an dedétention préventive. Dans le box des accusés, aucune réaction.

" On a pris en compte le fardeau qui va vous suivre longtemps. Pour bien redémarrer dans la vie il faudra affronter le passé et les obligations de soins vous y aideront" a déclaré le Président de la Cour d'Assises du Tarn.