17 communes de l'agglomération toulousaine en zone d’alerte maximale : les bars vont tirer le rideau.


L’aggravation de la situation sanitaire en Haute-Garonne a conduit les autorités à décréter le passage en alerte maximale pour 17 communes de l'agglomération toulousaine : Toulouse, Colomiers, Tournefeuille, Blagnac, Plaisance-du-Touch, Cugnaux, Balma, Castanet-Tolosan, Saint-Orens-de-Gameville, Labège, Aucamville, Launaguet, L’Union, Portet-sur-Garonne, Ramonville-Saint-Agne, Auzeville-Tolosane et Quint-Fonsegrives.

Une bascule qui entraîne la fermeture des bars, casinos, salles de sports, salles de jeux, lieux d'exposition,salles des fêtes et salles polyvalentes. Mais aussi à la mise en place d’un protocole sanitaire renforcé dans les restaurants et à la limitation de la capacité d'accueil dans les centres commerciaux. Les mesures destinées à freiner la propagation du Coronavirus sont applicables du mardi 13 octobre à 00h00 jusqu’au mardi 27 octobre à 00h00.

 

Des professionnels entre fatalisme et pragmatisme

Le couperet est tombé pour les bars, mais certains ont trouvé la parade, comme celui de Jonathan qui travaille au Delicatessen, son établissement rue Riquet a déjà perdu 50% de son chiffre d'affaires depuis début septembre : "on va passer notre service en mode restaurant pour pouvoir vendre de l'alcool" explique celui qui concède "on savait que ça allait arriver". 

 

 

 

Toulouse sans ses bars !

La pilule est évidemment difficile à avaler pour les clients. Surtout à Toulouse, ville étudiante par excellence, qui s'apprête à accueillir la majorité de ses jeunes dans les jours à venir. Léo terminait son demi avec quelques amis, dimanche soir vers 22 heures, à la terrasse du Péry dans la rue du même nom. Pas franchement la joie ; "c'est absurde de croire que quand on a bu, on se ferait des bisous partout ? Pff. C'est pénible et je suis dégouté." Même tonalité chez Iona et Axel qui regrette la fin des bars et leur  convivialité ; " Exemple ? On a passé la journée ensemble et on ne se connaissait pas ce matin. C'est clairement le lien social qui va s'éteindre". 

 

 

 

Les cafetiers ont-ils "déconné" depuis septembre ?

Laurent, le gérant du bar « Rooster and Beer » près de Jean-Jaurès, avait écrit à Bercy pendant le confinement pour dénoncer la faiblesse des mesures de soutien ; "on est un peu écoeuré, mais on savait que ça allait finir par arriver" explique celui qui a de grosses pertes car "on avait le festival d'OctoBière [des brasseurs artisanaux viennent faire goûter leur breuvage] ce week-end qui a bien marché et j'ai mis de nombreux fûts en perce."

Mais comment en sommes nous arrivés là ? Les bars toulousains ont-ils abusé depuis un ou deux mois ? Laurent ne verse pas dans la langue de bois : "je ne sais pas, peut-être... En tout cas, certains vont payer les erreurs des autres" estime celui qui est sûr d'une chose "les apéros à la maison seront plus dangereux" car "il n'y aura pas les gestes barrières. Et on empêchera pas les gens de faire la fête..."