Les contaminations familiales inquiètent les autorités

 

La situation est grave à encroire les autorités à Toulouse. Un nouvel arrêté entre en vigueur ce lundi soir : 17 communes de l'agglomération toulousaine passent en alerte maximale (Toulouse, Colomiers, Tournefeuille, Blagnac, Plaisance-du-Touch, Cugnaux, Balma, Castanet-Tolosan, Saint-Orens-de-Gameville, Labège, Aucamville, Launaguet, L’Union, Portet-sur-Garonne, Ramonville-Saint-Agne, Auzeville-Tolosane et Quint-Fonsegrives.). Un certain nombre de communes de Toulouse Métropole, du SICOVAL, du Muretain agglo et de la communauté de communes de la Save au Touch vont passer en niveau d’alerte renforcée.

Il faut dire que la situation sanitaire s’est dégradée en peu de temps. Les seuils d’alerte des 3 indicateurs de suivi sont désormais franchis pour Toulouse Métropole, à savoir : le taux d'incidence supérieur à 250 pour 100 000 habitants (252,7), le taux d'incidence pour les personnes de plus de 65 ans supérieur à 100 000 habitants (153,7) et le taux d'occupation en Occitanie des lits Covid en réanimation supérieur à 30% (31,1%).

 

Conséquences : ça change quoi ?

Les bars, casinos, salles de sports, salles de jeux, lieux d'exposition, salles des fêtes et salles polyvalentes ferment. Les restaurants - pour qui les horaires restent inchangées par rapport à l'alerte renforcée - ne devront pas accepter des groupes de plus de 6 personnes par table, devront lister les clients et leurs coordonnées et pourrait même avoir recours "à la prise de température" a indiqué Etienne Guyot le préfet de Haute-Garonne. Les autorités devraient limiter la capacité d'accueil dans les centres commerciaux. Ces mesures sont applicables jusqu’au mardi 27 octobre à 00h00.

Dans le détail, la direction du cabinet du préfet précisait "les activités sportives seront également interdites pour les adultes dans les salles couvertes : gymnases, salles de sport, salles polyvalente et les piscines couvertes". Les ERP en plein air ne pourront accueillir que 50% de leur capacité "dans la limite du plafond de 1000 personnes". Foire expo, lieux d'exposition ou salon seront fermés. 

 

Les contaminations sont surtout "familiales"

La majeure partie des contaminations vient du "cercle proche" indiquait ce lundi le Professeur Vincent Bounes. Le chef du SAMU 31 demandait sollennellement l'aide de la population toulousaine " C'est très dur pour nous médecins. Car on a des cas de jeunes qui contaminent leur grand père et les personnes nous appellent ensuite pour dire qu'elles s'étouffent. Qu'elles n'arrivent plus à respirer. Imaginez la responsabilité pour le jeune insouciant qui a fait rentrer la maladie dans la famille..." Il concluait : "il ne faut surtout pas remplacer les bars par les fêtes privées ! "

 

Le préfet appelle à stopper les fêtes privées

Même son de cloche chez Etienne Guyot, le préfet de Haute-Garonne qui s'est dit très inquiet pour les vacances de la Toussaint, "j'appelle nos concitoyens à être très prudents dans leurs relations festives, il faut éviter les fêtes privées importantes ! Ayez à l'esprit qu'en Grande-Bretagne il est interdit d'être à plus de six dans la sphère privée et publique [...] il faut que les gens comprennent !"

 

La région n'est pas épargnée

Sur l’Occitanie "un peu moins de 150 personnes touchées par le Coronavirus sont en réanimation" indiquait Pierre Ricordeau le directeur de l'Agence régionale de santé Occitanie. Pour faire face à la montée en puissance des malades Covid, les services hospitaliers publics et privés se réorganisent ; " une centaine de lits supplémentaires ont déjà été ouvert en réanimation à l’échelle de la région". Car l’hôpital "va faire face à une très grosse pression dès la fin du mois d’octobre" alertait le patron de l'ARS : "tous les départements limitrophes de la Haute-Garonne ont déjà un nombre significatifs de malades en réanimation : le Tarn, le Tarn-et-Garonne et l'est de l'Occitanie". 

 

Les restrictions sur les bars et restaurants : une brimade qui produira peu d'effets selon Jean-Luc Moudenc

Jean-Luc Moudenc regrettait ce lundi la décision de fermer les professionnels et les contraintes supplémentaires imposées aux restaurants ; pour le maire de Toulouse "le virus circule dans la sphère privée et la propagation via les établissements (bars et restaurants) est minoritaire. Cette brimade économique produira peu d'effets sanitaires."