Toulouse frappé de plein fouet.

 

C’est l’information du jour. Les syndicats représentatifs d’Airbus (FO, CFTC, CFE-CGC) ont annoncé ce jeudi matin aux salariés les détails des suppressions de postes chez l’avionneur européen. Airbus est frappé par la crise sanitaire et les reports de commandes des compagnies aériennes. 4000 à 5000 salariés se sont réunis sur le site de Blagnac. Un comité central a lieu ce jeudi après-midi, il donnera le détail des suppressions par site et par fonction.

 

Une saignée à Toulouse

 

À Airbus Toulouse, 3378 postes seront supprimés en tout : 2398 postes en moins dans les usines de productions autour de Toulouse (Airbus Opérations) et 980 postes supprimés au siège du groupe (Airbus SAS). Chez l'avionneur ATR, 186 postes sont supprimés. Les autres sites d'Airbus touchés sont Saint-Nazaire avec 386 postes en moins et Nantes 484 postes supprimés. Chez Stelia à Toulouse : - 36 postes. Moins 290 postes à Stelia Méaulte, 201 suppressions de postes à Saint-Nazaire, 95 postes en moins à Rochefort, 82 en moins en Mérignac.


Les syndicats vont négocier pendant les 4 mois qui viennent

 

Pour Jean-François Knepper évoque un plan structurel "c'est clairement pour abaisser les coûts de la boite, c'est pas raisonnable. Ce plan doit s'étaler sur deux ans et on va discuter pendant les 4 mois qui viennent". Le délégué syndical central FO Airbus affirme que les syndicats refuseront tout départ contraint "on dit à nos dirigeants : l'Etat a fait un effort. Si on fait ce plan sur 2 ans, on peut en absorber une bonne partie avec les départs naturels. Si on y rajoute l'activité partielle de longue durée, on doit pouvoir couvrir cette période de crise sans dommages sociaux." 

 

Les salariés sous le choc

 

Ce sont des mesures que le groupe n'a jamais connu "Toulouse est touché sans surprise avec deux tiers de cols blancs, un tiers de cols bleus. C'est normal car Toulouse est le plus gros site industriel en Europe" soulignait Florent Veletchy délégué syndical central CFTC Airbus. Les syndicats en sont persuadés : "la croissance va revenir", ils n'envisagent donc pas de départs contraints "les licenciements secs : une ligne rouge à ne pas franchir" ; sachant que chaque année Airbus enregistre 6000 départs naturels. Le DRH d'Airbus Thierry Barril affirmait ce mercredi pouvoir sauver 1000 à 1500 emplois en France, "on y croit" se rassuraient les syndicats qui veulent même aller au-delà. Ils militent ardemment pour conserver aussi la ligne d'assemblage A321 à Toulouse. Pour Françoise Vallin, déléguée CFE-CGC Airbus "le problème de la filière c'est de pas avoir de visibilité, on peut imaginer un nouveau confinement ou imaginer que ça (la crise sanitaire) se calme et cette industrie peut repartir très vite."

Pour Florent Veletchy "ça va repartir, les compagnies n'annulent pas mais reportent les commandes, on a besoin de nos salariés pour construire l'avion neutre carbone d'ici 2035. Pour cela on a besoin de nos salariés." Jean-François KNEPPER décrivait ce jeudi des salariés très inquiets "ils ont confiance en leurs organisations syndicales pour influer sur les décisions, mais ils sont un peu abasourdis". "Choqués" renchérissait Florent Veletchy.

 

 

Jean-François KNEPPER
Florent Veletchy (à gauche)

 

Les réactions politiques

"Cette annonce est terrible pour l’emploi sur notre territoire. Avec les plans sociaux déjà annoncés par les sous-traitants, ce sont des dizaines de milliers d’emplois directs et indirects qui sont menacés, mettant en péril les équilibres territoriaux de nos bassins de vie, mais également la puissance d’une filière d’excellence stratégique pour notre souveraineté nationale et européenne" a déclaré le président du Conseil départemental de la Haute-Garonne, Georges Méric. "Notre territoire connaît une crise sans précédent pour Airbus et l’ensemble de la filière aéronautique. Face à cette situation, il est absolument impératif que l’Etat, les collectivités territoriales et les acteurs économiques locaux coordonnent leurs actions, afin d’apporter les réponses les plus efficaces et les plus complémentaires possibles. Par conséquent, j’ai proposé ce jour à Monsieur le Préfet de Région, Madame la Présidente de la Région Occitanie, Monsieur le Président de Toulouse Métropole et Monsieur le Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Toulouse, d’organiser une réunion de crise en urgence."