OLIVIA RUIZ

OLIVIA RUIZ

INSPIRÉE...

Il y a des corps qui s'aiment, des corps qui s'aimantent, des corps qui se mentent, des corps qui s'alimentent, qui se salissent, qui se lissent, des corps qui plissent, des corps qui plient, des qui se lient, qui se délient, qui se délitent, qui périclitent, qui paraphrasent, qui parachutent, des corps qui chutent, des corps qui chantent, qui désenchantent, des corps en lesquels on ne peut lire, des corps qui se respirent.

Il y a des cœurs qui t'appellent, des cœurs qui t'interpellent, des cœurs hirondelles, des cœurs à bretelles, des cœurs en dentelle.

Il y a des âmes amies, des âmes à incendies, des haines-mies, des âmes du mercredi, des âmes de pluie, des âmes sans merci, des âmes jolies, aussi.

Et puis il y a ce regard que j'ai frôlé sans oser m'y arrêter, ces yeux que j'ai croisés, et ce que les miens leurs disaient.

Ils disaient la couleur de vos yeux en donne mille à mes demain. Viens.

Ou peut-être qu'ils ne disaient rien, et moi j'ai cru..

J'ai fini par oser.

Il y a des corps muets, des corps décidés, des cœurs timides, un peu gênés, des cœurs figés.. mais j'ai osé.

Je t'ai regardé, toi, oui toi, deux fois.

Avec insistance, avec envie, avec curiosité, avec humilité, avec sensualité.

Je t'ai regardé comme on regarde le vide d'en haut d'un précipice.

Tu as senti mon âme te caresser et tu as lentement levé les yeux. Tu semblais puissant, profond, et plein de légèreté à la fois.

J'ai vu en une seconde chaque ligne de ton visage, chaque contour de tes courbes, comme si mon corps te scannait de façon incontrôlable et que le flux d'information me rendait ivre de toi.

Et tu ne m'as pas vue. Pas aperçue, pas entre-aperçue. Rien.

La femme invisible.

Ou alors tu m'as vue comme tu as vu la machine à café et les tasses art déco.

Peut-être que tu as posé ton regard plus longtemps sur les tasses art déco... elles étaient très jolies.

Peut-être n'ai-je pas vu que tu m'avais vraiment vue..

J'ai vu croître et décroître des milliers de lunes en repensant à ce rendez-vous manqué. J'ai pu m'offrir chaque jour un amer bouquet de regrets.

Pour me féliciter de tant de lâcheté, pour t'avoir laissé partir sans bouger.

Et pour m'en souvenir, si je te re-croisais.

 


SOURCE - HUFFPOST