LE BONHEUR...

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SELON PSYCHOLOGIES MAGAZINE...

L'important c'est d'aimer la vie !

Lancé par Martin Seligman dès son arrivée à la présidence de l’Association américaine de psychologie en 1998, le mouvement dit de « psychologie positive », mène de nombreuses recherches afin de dresser un portrait de l’homme heureux. Son profil ? Il vit avec engagement (dans ses activités, dans ses relations…) et « en donnant un sens fort à ses actions », assure Martin Seligman.

Mihaly Csikszentmihalyi, psychologue au Claremont College, en Californie, renchérit en parlant « d’expérience optimale » : le bonheur se vivrait lorsque nous sommes concentrés et entièrement tournés vers la réalisation de tâches qui mobilisent toutes nos compétences. Mais cet épanouissement personnel ne saurait suffire s’il n’était nourri par des relations sociales, familiales et affectives denses, assurent tous les psychologues.

Ces conditions réunies, nous aurions toutes les raisons « d’aimer notre vie », ce qui, selon Ruut Veenhoven, sociologue spécialiste du bonheur à l’université de Rotterdam, est le trait commun aux gens heureux.

Attention au bien-être de synthèse

Toujours conçues comme des médicaments, nombre de molécules affectant le fonctionnement cérébral sont devenues, depuis le Valium il y a plus de quarante ans, des « pilules du bonheur » largement consommées dans la société. On en est aujourd’hui aux Prozac, Deroxat ou Effexor, « améliorateurs » de l’humeur à la fois rapides et efficaces, mais peut-être pas sans danger – le Seropram, par exemple, est accusé aux Etats-Unis de favoriser le passage à l’acte suicidaire chez l’adolescent. Et demain apparaîtront des psychotropes encore plus performants, des neuroprothèses issues des nanotechnologies.

Deviendrons-nous, à terme, accros à un bonheur standardisé ? « Il est temps de nous interroger, préconise Hervé Chneiweiss(1), directeur de recherche au CNRS, sur la valeur d’une sensation de bonheur obtenue en sachant qu’il n’existe pas de raison réelle à ce bonheur autre que la molécule absorbée. C’est alors un vide existentiel, au sens propre du terme : un bonheur halluciné. »

1. Auteur de Neurosciences et Neuroéthique, des cerveaux libres et heureux (Alvik, 2006).

A lire

Le Prix du bonheur de sir Richard Layard. Un plaidoyer pour une nouvelle politique économique plus égalitaire, visant le bonheur de tous (Armand Colin, 2007).

Et si le bonheur vous tombait dessus de Daniel Todd Gilbert. L’auteur montre que nos rêves de bonheur ne sont que des mirages de notre imagination, mais que cela est finalement bénéfique (Robert Laffont, 2007).