HOMMAGE A MICHEL GALABRU

HOMMAGE A MICHEL GALABRU

L'acteur est mort dans son sommeil.

Adieu Michel Gala­bru. Le comé­dien qui a perdu son épouse et son frère il y a quelques mois s’est éteint à son tour ce lundi 4 janvier dans son sommeil à 5h30, a révélé sa famille à l'AFP. Harassé de fatigue et endeuillé, il avait préféré repor­ter les pièces de théâtre dans lesquelles il devait appa­raître. Très popu­laire, l’ac­teur de 93 ans a connu une longue et belle carrière ponc­tuée de nombreux succès tant au cinéma qu’au théâtre.

Depuis plusieurs mois, l'état de santé du comé­dien était quelque peu préoc­cu­pant. «Il doit se repo­ser pour pouvoir reprendre », indiquait début novembre son agent. À l'affiche du Cancre et de Jofroi au théâtre, il devait dans cette deuxième pièce donner la réplique à son fils Jean. Mais à un âge aussi avancé, l'éner­gie de l'acteur n'était plus la même et les repré­sen­ta­tions avaient été annu­lées. Lui-même avait confié souf­frir de « moments de déses­poir » la nuit depuis la mort de sa femme. «C'est à peine vivable », confiait le comé­dien.

Le public avait égale­ment été frappé par les diffi­cul­tés finan­cières que rencon­trait cet acteur popu­laire à l'immense talent. « Je suis obligé de conti­nuer à travailler parce que je n'ai pas d'autres reve­nus », avait-il indiqué. Sa carrière commen­cée à la fin des années 1940 lui a permis de connaître de nombreux succès. Premier à la sortie du très sélec­tif Conser­va­toire natio­nal d'art drama­tique, il a ensuite inté­gré la Comé­die-Française.

Aussi bon dans le registre de la comé­die – avec la saga du Gendarme à Saint-Tropez– que dans le drame – il a notam­ment remporté un César du meilleur acteur pour Le juge et l'assas­sin en 1977. Incar­na­tion de l'aïeul dans Papy fait de la Résis­tance, il est égale­ment apparu dans La Cage aux folles, Asté­rix et Obélix contre César ou encore Bien­ve­nue chez les Ch'tis. Michel Gala­bru jetait pour­tant un regard désa­busé sur sa carrière au cinéma : « Au cinéma, on ne m'a confié que très peu de rôles inté­res­sants, de premier plan. J'ai surtout joué dans des comé­dies, des navets. Je ne me plains pas, j'ai pu vivre de mon métier. Il est comme l'exis­tence, il est fait de beau­coup de chance, de hasards », avait-il confié à TV Mag il y a deux ans. Virtuose à l'affiche de nombreuses pièces, il a toute­fois dû attendre d'avoir 85 ans pour rece­voir son tout premier Molière.

En mourant cette nuit dans son lit, Michel Gala­bru a fait ses adieux comme il le souhai­tait : « Le mieux, c'est de mourir chez soi pendant son sommeil », avait indiqué l'acteur de renom et de talent. Il était par ailleurs persuadé d'être rapi­de­ment oublié : « La célé­brité est très éphé­mère, avait-il expliqué. On se souvient de Molière, Racine, La Fontaine, Pasteur, Mozart, Beetho­ven, Balzac… parce qu'ils sont au-delà du commun des mortels. Pour le reste… » Son humi­lité et sa modes­tie reste­ront en tout cas un exemple et une source d'inspi­ra­tion pour de nombreux Français.

Source : Voici